Les options en Bourse : comment ça marche ? Le guide complet

Call option payoff diagram
Nicolas DomnesquesNicolas Domnesques

À retenir

  • Call, put, prime, grecques et volatilité : tout comprendre, exemples chiffrés à l'appui.
  • Une option donne le droit, sans l'obligation, d'acheter (call) ou de vendre (put) un actif à un prix fixé, jusqu'à une date donnée.
  • L'acheteur paie une prime et ne peut pas perdre plus que cette prime. Le vendeur encaisse la prime, mais son risque peut être bien plus élevé, voire illimité.
  • Le prix d'une option dépend de cinq paramètres : le cours de l'actif, le prix d'exercice, le temps restant, la volatilité et les taux d'intérêt.
  • On peut avoir raison sur la direction et perdre de l'argent : le temps qui passe et la baisse de la volatilité jouent contre l'acheteur.

En 2025, 15,2 milliards de contrats d'options se sont échangés sur les marchés américains, un record pour la sixième année consécutive, en hausse de 26 % sur un an selon Cboe. Sur l'indice S&P 500, près de six options sur dix échangées expirent le jour même.

Les options restent pourtant l'un des produits les plus mal compris de la finance. Elles servent à s'assurer, à générer un revenu, à parier sur la hausse, sur la baisse, et même sur l'immobilité d'un marché. Et elles obéissent à une logique peu intuitive : une option peut perdre de la valeur alors que l'action évolue dans le bon sens. Voici comment elles fonctionnent, de la définition aux grecques, avec des exemples chiffrés.

Les options : le rappel en 2 minutes

Une option est un contrat. Il donne à son acheteur le droit, mais pas l'obligation, d'acheter ou de vendre un actif (le sous-jacent) à un prix fixé à l'avance (le prix d'exercice, ou strike), jusqu'à une date donnée (l'échéance). Pour obtenir ce droit, l'acheteur paie une somme au vendeur : la prime.

Le plus simple est de penser à une assurance. Vous payez une prime pour être couvert. Si le sinistre n'arrive pas, la prime est perdue. S'il arrive, l'assurance paie. Le vendeur d'option joue le rôle de l'assureur : il encaisse les primes, et indemnise quand l'événement se produit.

TermeDéfinitionExemple
Sous-jacentL'actif sur lequel porte l'optionUne action, un indice, un ETF, le Bitcoin
CallOption d'achat : droit d'acheter au prix d'exerciceDroit d'acheter l'action à 105 €
PutOption de vente : droit de vendre au prix d'exerciceDroit de vendre l'action à 95 €
Prix d'exercice (strike)Prix auquel l'option peut être exercée105 €
ÉchéanceDate limite de l'optionDans 3 mois
PrimePrix de l'option, payé par l'acheteur au vendeur4,32 € par action
QuotitéNombre d'actions couvertes par un contratEn général 100 actions
StyleAméricain : exerçable à tout moment. Européen : seulement à l'échéanceOptions sur actions américaines (américain), sur l'indice S&P 500 (européen)

Dans cet article, les primes sont exprimées par action. Avec une quotité de 100, une prime de 4,32 € correspond à un contrat de 432 €.

Le call : parier sur la hausse avec une perte plafonnée

Exemple. Une action cote 100 €. Vous achetez un call de prix d'exercice 105 €, échéance dans 3 mois, pour une prime de 4,32 € par action, soit 432 € pour un contrat de 100 actions.

À l'échéance, deux cas se présentent :

  • L'action termine sous 105 € : le droit d'acheter à 105 € ne vaut rien. Vous perdez la prime, 432 €, et rien de plus.
  • L'action termine au-dessus de 105 € : vous pouvez acheter à 105 € une action qui vaut davantage. Votre gain est la différence, moins la prime payée. Le point mort se situe à 109,32 € (105 € + 4,32 €).

Comparons avec l'achat direct de 100 actions, soit 10 000 € investis.

Cours à l'échéance100 actions (10 000 € investis)1 call 105 € (432 € investis)
90 €-1 000 € (-10 %)-432 € (-100 %)
100 €0 €-432 € (-100 %)
105 €+500 € (+5 %)-432 € (-100 %)
109,32 €+932 € (+9 %)0 €
115 €+1 500 € (+15 %)+568 € (+131 %)
120 €+2 000 € (+20 %)+1 068 € (+247 %)

Exemples simplifiés, hors frais. Prime calculée avec le modèle de Black-Scholes : volatilité 30 %, taux 4 %.

Deux enseignements. L'effet de levier est considérable en pourcentage, dans les deux sens, mais la perte maximale en euros est plafonnée à 432 €. Et il ne suffit pas que l'action monte : il faut qu'elle monte assez, et avant l'échéance.

Le put : parier sur la baisse, ou s'assurer

Le put est le miroir du call : il prend de la valeur quand l'action baisse. Il sert à deux usages très différents.

Spéculer sur la baisse. Avec la même action à 100 €, un put de prix d'exercice 95 € à 3 mois coûte 3,30 €. Si l'action termine à 85 €, le put vaut 10 € : le gain est de 6,70 € par action, soit +203 %. Si elle reste au-dessus de 95 €, la prime est perdue.

S'assurer. C'est l'usage historique. Vous détenez 100 actions à 100 € et achetez un put 95 € pour 330 €. Quoi qu'il arrive d'ici l'échéance, vous pourrez vendre vos actions à 95 €. Votre perte maximale est connue : 500 € de baisse jusqu'à 95 €, plus 330 € de prime, soit 830 €, même si l'action s'effondre de moitié. C'est le put de protection.

Acheter ou vendre une option : deux mondes

Toute option a un acheteur et un vendeur. L'acheteur paie pour un droit ; le vendeur encaisse la prime et accepte une obligation. Leurs profils de risque n'ont rien à voir.

PositionAnticipationPrimeGain maximalPerte maximale
Achat de callHaussePayéeIllimitéLa prime
Vente de callStabilité ou baisseEncaisséeLa primeIllimitée
Achat de putBaissePayéePrix d'exercice moins la primeLa prime
Vente de putStabilité ou hausseEncaisséeLa primePrix d'exercice moins la prime

Le vendeur d'options gagne souvent, mais peu ; il perd rarement, mais parfois beaucoup. C'est pourquoi les courtiers exigent une marge de garantie sur les ventes d'options, et réservent souvent la vente de calls « à découvert » (sans détenir l'action) aux clients expérimentés.

Comment se calcule le prix d'une option ?

Valeur intrinsèque et valeur temps

La prime se décompose en deux parties :

  • La valeur intrinsèque : ce que rapporterait un exercice immédiat. Pour un call, c'est le cours moins le prix d'exercice, s'il est positif. Pour un put, l'inverse.
  • La valeur temps : tout le reste. C'est le prix de la possibilité que l'option gagne encore de la valeur d'ici l'échéance. Elle fond jusqu'à zéro à l'échéance.
TermeSignificationCall, avec l'action à 100 €
Dans la monnaie (ITM)L'option a une valeur intrinsèquePrix d'exercice 90 € : 10 € de valeur intrinsèque
À la monnaie (ATM)Prix d'exercice proche du coursPrix d'exercice 100 € : 0 € de valeur intrinsèque
Hors de la monnaie (OTM)Aucune valeur intrinsèque, seulement de la valeur tempsPrix d'exercice 105 € : 0 € de valeur intrinsèque

Notre call 105 € à 4,32 € est hors de la monnaie : sa prime n'est faite que de valeur temps.

Les cinq paramètres du prix

Quand ce paramètre augmente…Le callLe put
Cours du sous-jacentMonteBaisse
Prix d'exerciceBaisseMonte
Temps jusqu'à l'échéanceMonteMonte (en général)
VolatilitéMonteMonte
Taux d'intérêtMonteBaisse

Les dividendes attendus jouent aussi : ils font baisser les calls et monter les puts, puisque le cours de l'action baisse du montant du dividende lors du détachement.

Black-Scholes et la volatilité implicite

En 1973, Fischer Black et Myron Scholes publient une formule qui relie ces paramètres au prix d'une option, complétée la même année par Robert Merton. Scholes et Merton reçoivent le prix Nobel d'économie en 1997, Black étant décédé en 1995. L'idée clé du modèle : on peut répliquer une option en achetant et en vendant en continu l'action sous-jacente, ce qui fixe un prix unique, indépendant de toute opinion sur la direction du marché.

Quatre des cinq paramètres s'observent directement. Le cinquième, la volatilité future, est inconnu. Le marché fait donc le calcul à l'envers : à partir du prix de l'option, on déduit la volatilité qu'il suppose. C'est la volatilité implicite. Quand un trader dit qu'une option est « chère », il veut dire que sa volatilité implicite est élevée par rapport aux mouvements habituels de l'action.

Dernière relation utile, la parité call-put. Pour des options européennes de même prix d'exercice et de même échéance : call moins put égale cours de l'action moins prix d'exercice actualisé. Dans notre exemple à la monnaie (prix d'exercice 100 €, 3 mois), le call vaut 6,46 € et le put 5,46 € : l'écart d'environ 1 € correspond au coût de financement de 100 € pendant trois mois à 4 %. Si cette égalité se rompt, les arbitragistes l'exploitent immédiatement.

Les grecques : le tableau de bord de l'option

Les « grecques » mesurent la sensibilité du prix d'une option à chacun de ses paramètres. Reprenons notre call : action à 100 €, prix d'exercice 105 €, échéance 3 mois, volatilité implicite 30 %, prime 4,32 €.

GrecqueCe qu'elle mesureValeur dans l'exempleEn pratique
DeltaVariation de l'option quand l'action bouge de 1 €0,43Si l'action passe à 101 €, le call gagne environ 0,43 €
GammaVariation du delta quand l'action bouge de 1 €0,026À 101 €, le delta passe d'environ 0,43 à 0,45
ThêtaPerte de valeur pour un jour qui passe-0,036 €Toutes choses égales, le call perd environ 3,6 centimes par jour
VégaVariation pour 1 point de volatilité implicite0,20 €Si la volatilité passe de 30 % à 31 %, le call gagne environ 0,20 €
RhôVariation pour 1 point de taux d'intérêt0,10 €Si les taux passent de 4 % à 5 %, le call gagne environ 0,10 €

Calcul Black-Scholes, taux 4 %, sans dividende.

Le delta est la grecque la plus utilisée. Un contrat de delta 0,43 se comporte, sur de petits mouvements, comme 43 actions. Il se lit aussi, de façon approximative, comme la probabilité que l'option termine dans la monnaie. Et c'est en suivant le delta que les teneurs de marché se couvrent : quand ils vendent des calls, ils achètent l'équivalent en actions, puis ajustent cette couverture à mesure que le delta change.

Le temps : l'ennemi de l'acheteur

Le thêta n'est pas constant : il s'accélère à l'approche de l'échéance. Voici la valeur d'un call à la monnaie (action et prix d'exercice à 100 €, volatilité 30 %) si l'action ne bouge pas.

Jours avant l'échéanceValeur du callPerte de valeur par jour
906,41 €0,04 €
605,17 €0,05 €
303,59 €0,06 €
142,42 €0,09 €
71,70 €0,12 €
10,63 €0,32 €

Calcul Black-Scholes, taux 4 %, hors frais.

La valeur temps évolue à peu près comme la racine carrée du temps restant : diviser le temps par quatre ne divise la valeur que par deux. Résultat, ce call perd davantage dans sa dernière semaine (1,70 €) que pendant son premier mois (1,24 €).

La volatilité : on peut avoir raison et perdre

Même call (prix d'exercice 105 €, 3 mois, action à 100 €), selon la volatilité implicite :

Volatilité implicitePrix du call
20 %2,39 €
30 %4,32 €
50 %8,29 €
70 %12,28 €

La volatilité implicite monte avant les événements attendus (résultats, décision de banque centrale) et retombe juste après. C'est l'écrasement de la volatilité, ou « IV crush ».

Exemple. Veille de résultats : action à 100 €, call à la monnaie échéance 7 jours, volatilité implicite 60 %. Prime : 3,35 €. Les résultats tombent et la volatilité implicite retombe à 30 %. Voici la valeur du call le lendemain, selon la réaction de l'action :

Réaction de l'actionValeur du callRésultat
Stable (100 €)1,57 €-53 %
+2 % (102 €)2,80 €-16 %
+3 % (103 €)3,55 €+6 %
+5 % (105 €)5,25 €+57 %

Calcul Black-Scholes, taux 4 %, hors frais.

L'action monte de 2 %, et le call perd 16 %. Avoir raison sur la direction ne suffit pas : il faut que le mouvement dépasse celui que le marché avait déjà intégré dans le prix.

Le même pari, trois calendriers

Reprenons le call 105 € acheté 4,32 €. Même hausse de l'action, à des moments différents, et deux scénarios où elle ne bouge pas.

ScénarioValeur du callRésultat
L'action atteint 110 € au bout d'une semaine9,53 €+121 %
L'action atteint 110 € au bout d'un mois et demi7,79 €+80 %
L'action atteint 110 € une semaine avant l'échéance5,36 €+24 %
L'action reste à 100 € pendant un mois et demi2,42 €-44 %
L'action reste à 100 € jusqu'à une semaine de l'échéance0,26 €-94 %

Calcul Black-Scholes : volatilité constante de 30 %, taux 4 %, hors frais.

La leçon tient en une phrase. Une option est un pari sur l'amplitude et sur le calendrier, pas seulement sur la direction : l'action peut prendre son temps, l'option non.

Les stratégies d'options les plus utilisées

Le call couvert (covered call)

Vous détenez 100 actions à 100 € et vendez un call 105 € à 3 mois pour 4,32 €, soit 432 € encaissés. Si l'action reste sous 105 €, vous gardez la prime : un revenu de 4,3 % en trois mois. Si elle monte au-dessus, vos actions sont vendues à 105 € et votre gain est plafonné à 932 € (500 € de hausse plus 432 € de prime). Vous échangez le potentiel de hausse contre un revenu.

Le put de protection (protective put)

Acheter un put sur des actions que l'on détient pour plafonner la perte, comme vu plus haut. C'est une assurance, avec un coût : 330 € pour trois mois dans notre exemple, soit 3,3 % de la position.

L'écart haussier (bull call spread)

Vous achetez le call 100 € (6,46 €) et vendez le call 105 € (4,32 €). Coût net : 2,14 €. Gain maximal : 2,86 € si l'action termine au-dessus de 105 € (5 € d'écart entre les prix d'exercice, moins 2,14 €). Perte maximale : 2,14 €. Vous renoncez à la hausse au-delà de 105 € pour payer votre pari trois fois moins cher qu'un call seul.

Le straddle

Vous achetez à la fois le call et le put à 100 €, pour 6,46 € + 5,46 € = 11,92 €. Vous gagnez si l'action bouge fortement, dans un sens ou dans l'autre : à l'échéance, elle doit terminer sous 88,08 € ou au-dessus de 111,92 €. C'est un pari sur la volatilité, pas sur la direction.

La vente de put garantie (cash-secured put)

Vous vendez un put 95 € pour 3,30 €, en gardant de côté de quoi acheter les actions. Si l'action termine au-dessus de 95 €, vous gardez la prime. Sinon, vous achetez 100 actions à 95 €, soit un prix de revient de 91,70 € une fois la prime déduite. C'est une façon d'être payé pour attendre un point d'entrée.

Quelle stratégie pour quelle situation ?

SituationStratégiePourquoi
Vous anticipez une forte hausse avec un budget limitéAchat de callPerte limitée à la prime, fort effet de levier
Vous voulez protéger un portefeuille avant un événementAchat de putLa perte maximale est connue à l'avance
Vous détenez des actions et visez un revenuCall couvertLa prime rémunère l'attente, contre un gain plafonné
Vous anticipez une hausse modéréeÉcart haussierCoût réduit, gain et perte plafonnés
Vous attendez un gros mouvement sans savoir dans quel sensStraddleGagne sur l'amplitude, pas sur la direction
Vous voulez acheter une action moins cherVente de put garantieVous êtes payé pour attendre votre prix

Acheter une option, c'est payer pour avoir le droit de se tromper sans tout perdre. La vendre, c'est se faire payer pour porter le risque des autres. Le bon côté dépend de ce que vous voulez être : l'assuré ou l'assureur.

Les options 0DTE : la tendance qui fait débat

Les options « 0DTE » (zero days to expiration) expirent le jour même. En 2025, elles ont représenté 59 % du volume des options sur l'indice S&P 500, soit 2,3 millions de contrats par jour, selon Cboe. Les particuliers pèsent près de la moitié du volume total d'options américaines.

Leur attrait est évident : des primes très faibles et des mouvements spectaculaires. Leur mécanique l'est moins. À quelques heures de l'échéance, le gamma est extrême : le delta peut basculer de presque 0 à presque 1 sur un mouvement modeste de l'indice. Et le thêta est maximal : notre tableau montre qu'un call à la monnaie perd 0,32 € sur sa dernière journée, la moitié de sa valeur. Une option 0DTE s'apparente davantage à du trading très court terme qu'à de l'investissement.

Avantages des options

  • Perte limitée à la prime pour l'acheteur, connue dès l'achat.
  • Effet de levier : une petite mise donne une exposition importante.
  • Flexibilité : gagner à la hausse, à la baisse, en marché stable ou sur la volatilité.
  • Assurance : un put protège un portefeuille sans vendre les titres.
  • Revenus : la vente d'options permet d'encaisser des primes sur des positions existantes.

Inconvénients des options

  • Complexité : le prix dépend de cinq paramètres, dont la volatilité implicite, invisible pour beaucoup d'investisseurs.
  • Le temps joue contre l'acheteur : une option perd de la valeur chaque jour, de plus en plus vite.
  • Probabilité de perte élevée pour l'acheteur : une option hors de la monnaie expire souvent sans valeur.
  • Risque élevé pour le vendeur : perte potentiellement illimitée sur un call vendu à découvert.
  • Liquidité inégale : sur les options peu échangées, l'écart entre prix d'achat et prix de vente peut coûter cher.
  • Accès encadré : en Europe, les options sont des instruments complexes au sens de MiFID II, et le courtier doit vérifier que vous en comprenez le fonctionnement avant de vous y donner accès.

Options, actions ou effet de levier : le comparatif

CritèreAchat d'actionsEffet de levier (trading sur marge)Achat d'options
MiseLe prix des actionsUne fraction de la positionLa prime
Perte maximaleLa miseEn principe la mise, grâce à la liquidationLa prime
Effet du tempsNeutreIntérêts d'empruntPerte de valeur temps chaque jour
Sensibilité à la volatilité impliciteAucuneAucuneDirecte (véga)
ÉchéanceAucuneAucuneOui, l'option expire
ComplexitéFaibleMoyenneÉlevée
Profil de gainLinéaireLinéaire, multiplié par le levierNon linéaire

Cas réel : avril 2025, quand la volatilité a explosé

Le 2 avril 2025, après la clôture, l'administration américaine annonce une vague de droits de douane. Le 4 avril, au cours d'une séance où le S&P 500 recule de 6 %, le marché américain des options bat son record historique avec 101 millions de contrats échangés, et les options sur le S&P 500 établissent leur propre record à 6,04 millions de contrats, selon Cboe. Le 7 avril, le VIX, qui mesure la volatilité implicite des options sur le S&P 500, touche 60,13 en séance, son cinquième plus haut niveau depuis 1990, selon Barchart. Après l'annonce d'une pause sur ces droits de douane, le 9 avril, il recule de près de 36 %, selon Saxo.

Deux enseignements pour tout investisseur :

  • Une assurance s'achète avant l'incendie. Les puts achetés fin mars, quand le VIX était encore autour de 22, ont pris énormément de valeur. Ceux achetés au plus fort de la panique se payaient avec une volatilité implicite extrême, et ont perdu une grande partie de leur valeur dès que la volatilité est retombée.
  • Le volume n'est pas un signal d'achat. Le record de contrats échangés coïncide avec le moment où les options étaient parmi les plus chères depuis la crise du Covid de 2020.

Les options sont des instruments complexes qui comportent un risque élevé de perte en capital, pouvant dépasser la mise pour le vendeur. Cet article est pédagogique et ne constitue pas un conseil en investissement.

FAQ : les options en Bourse

Qu'est-ce qu'une option en Bourse ?

C'est un contrat qui donne à son acheteur le droit, sans obligation, d'acheter (call) ou de vendre (put) un actif à un prix fixé à l'avance, jusqu'à une date donnée. L'acheteur paie ce droit au vendeur sous forme de prime.

Quelle est la différence entre un call et un put ?

Le call est une option d'achat : il prend de la valeur quand le sous-jacent monte. Le put est une option de vente : il prend de la valeur quand le sous-jacent baisse. Le put sert aussi d'assurance pour un portefeuille.

Peut-on perdre plus que sa mise avec les options ?

L'acheteur d'une option ne peut perdre que la prime payée. Le vendeur, en revanche, peut perdre bien plus que la prime encaissée, et sans limite théorique s'il vend un call sans détenir l'action. C'est pourquoi la vente d'options exige une marge de garantie.

Qu'est-ce que la volatilité implicite ?

C'est la volatilité future que le marché intègre dans le prix d'une option. On la déduit du prix observé grâce à un modèle comme Black-Scholes. Plus elle est élevée, plus l'option est chère. Elle monte généralement avant les événements attendus et retombe ensuite.

Que se passe-t-il à l'échéance d'une option ?

Une option hors de la monnaie expire sans valeur. Une option dans la monnaie est exercée (livraison des actions) ou réglée en espèces selon le contrat. Sur de nombreux marchés, comme aux États-Unis, les options dans la monnaie sont exercées automatiquement à l'échéance, sauf instruction contraire.

Les options sont-elles adaptées aux débutants ?

L'achat d'options limite la perte à la prime, mais sa mécanique (valeur temps, volatilité implicite, grecques) piège facilement les débutants. Mieux vaut maîtriser d'abord les actions et les ordres de base, puis commencer par des stratégies simples et de petites tailles. La vente d'options à découvert est à réserver aux investisseurs expérimentés.

Peut-on trader des options en France ?

Oui, via un courtier qui donne accès aux marchés dérivés : Euronext pour les options sur actions et indices européens, Eurex pour les options sur l'Euro Stoxx 50 ou le DAX, ou les marchés américains. Le courtier doit vérifier que le produit vous est approprié (MiFID II) et vous remettre un document d'informations clés.

Sources

  • Cboe : The State of the Options Industry 2025
  • Cboe : Index Insights, April 2025
  • Traders Magazine : 0DTE, FLEX Options Are 2025 Heroes
  • Barchart : Can the stock market recover (VIX à 60,13 le 7 avril 2025)
  • Saxo : Weekly market recap, 14 avril 2025
  • Black et Scholes (1973) : The Pricing of Options and Corporate Liabilities
  • Neverless : calculs Black-Scholes (taux 4 %, sans dividende), exemples simplifiés hors frais